Les routes tuent 8 fois plus au Maroc qu'en France
Selon les dernières statistiques des accidents de circulation publiées par le département du transport, la situation s'aggrave :
Par rapport à 2005, l'année 2006 bat tous les records :
- Le nombre des accidents corporels a progressé de plus de 10,36%.
- Le nombre des tués a augmenté de 21,38%.
- Le nombre de blessés graves +5,32%
- Le nombre de blessés légers : +14,17%
Au niveau des régions:
- Fès-Boulemane: +46,96% de tués en 2006
- Geulmim-Smara: +18,64%
- Tanger-Tétouan: +17,33%
- Doukala-Abda: +13,75%
Le Ministre de l'Equipement et du Transport, l'Istiqlalien Karim Ghallab avait annoncé le chiffre de 3650 tués par an dont 52% sont des piétons et les 2 roues.
En 2008, tous les indicateurs ont enregistré une augmentation: hausse du nombre d'accidents, du nombre de tués, du nombre de bléssés graves. Tout augmente au Maroc...
Ce chiffre est à prendre avec circonspection, car le nombre de tués dépasse le chiffre de 4000 décès par an, car les statistiques officielles ne prennent pas en compte les personnes décédées dans un hôpital ou dans leur domicile suite à un accident de circulation.
Soit, mais même avec les chiffres officiels, l'insécurité routière constitue la première cause de décès et de mutilation au Maroc. Plus de 10 morts par jour et plus de 15000 blessés graves et un coût pour les pouvoirs publics estimé à 11milliards de dirhams, soit 2% du PIB.
Puisqu'on a tendance à copier souvent la mode parisienne, il est intéressant de souligner que la France avec ses 60 millions d'habitants comptait plus de 30 millions de voitures individuelles et avait enregistré en 2004, 5800 tués sur les routes françaises (4.703 personnes tués en 2006 !).
Le Maroc avec ses 30 millions d'habitants compte à peine près de 2 millions de véhicules ((motos, tourisme, utilitaires) et enregistre plus de 4000 tués. Proportionnellement parlant, les routes tuent 8 fois plus au Maroc qu'en France !
Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement avait lancé une batterie de mesures:
- Mise en place d'un nouveau code de la route qui institue le permis à points
- Obligation du port de la ceinture
- Dispositif de contrôle et des sanctions : radars mobiles et fixes, brigades mobiles,
- Réforme des centres de visite technique,
- Renouvellement du parc de transport public
- Crédibiliser les actions et mettre fin à l'impunité
- Réforme de la formation, de la conduite et de l'examen du permis de conduire,
- Amélioration des services de secours aux victimes des accidents de la circulation
- Restauration des infrastructures routières,
- Amendes exorbitantes ( près de 300 euros! dans un pays où les ouvrières de la confection ne gagnent pas plus de 100 euros).
Ces mesures sont certes importantes mais insuffisantes pour freiner cette hémorragie sur les routes marocaines et ce, pour les raisons suivantes :
1- La corruption généralisée : toute la filière et tous les secteurs sont touchés: agents de circulation, police, gendarmerie, justice, centres de contrôle technique, les centres d'examen de permis de conduire….Tout s'achète et tout est négociable !
Dans ces conditions, on ne comprend pas l'objectif des amendes de 3000 DH où le gaspillage des fonds publics dans l'acquisition de radars fixes! Déjà l'introduction des radars mobiles n'a eu aucun effet. Ils mobilisent trois voire quatre agents, moutards, policiers et gendarmes qui raquettent les automobilistes et partagent la recette à la fin du service.
Qui n'a pas été arrêté par ces fameux agents plantés, près d'une caméra, pour excès de vitesse: 60,45 km/h alors que la vitesse est limitée à 60km! Admirez la précision de nos radars mobiles !.
Radars mobiles immobilisés
Pourquoi dilapider les deniers publics dans l'achat de radars fixes alors que les radars mobiles au Maroc ont perdu toute leur mobilité et transformés par la volonté de nos flics en radars fixes?.
Tous les conducteurs connaissent bien où se trouvent ces radars mobiles: à la sortie de Casa pour prendre l'autoroute vers Rabat, entre Marjane et Assouak Assalam à Rabat, entre Rabat et Salé, à la sortie de Rabat près de Makro, à la sortie de Tétouan, de Tanger ....etc.
Quittez le Maroc pendant dix ans et à votre retour, vous êtes certain de retrouver les mêmes radars "mobiles" au même endroit! On est fidèles à nos traditions. Comme au souk, il y a des emplacements qui rapportent davantage que d'autres et on ne change pas un emplacement qui rapporte gros...
2- L'âge moyen du parc automobile marocain est de 19 ans ! La majorité de Marocains ne disposent pas de moyens pour acquérir un véhicule neuf (54 928 véhicules neufs vendus en 2004, dont 15 000 montés à la SOMACA ) et les droits de douanes sur l'importation des véhicules d'occasion sont excessifs. Par conséquent, le Maroc se trouve avec un parc automobile vétuste, obsolète et dangereux.
Pourquoi ne pas annuler les droits de douane sur les importations de véhicules d'occasion de moins de 5 ans d'âge ?
Car la modernisation du parc automobile contribuera significativement à réduire le nombre de victimes de la route.
Pourquoi les droits de douane sur les importations de véhicules d'occasion sont symboliques dans les pays européens disposant d'une industrie automobile nationale, alors que le Maroc applique des droits de douanes prohibitifs? A qui profite cette situation?
3- Absence et insuffisance des infrastructures : il suffit de quitter les axes routiers de quelques grandes agglomérations pour se rendre compte de l'état délabré de nos routes.
L'absence d'entretien des routes est flagrante et touche même les routes les plus récentes. Sans parler de l'état des rues dans les villes où il faut zigzaguer pour éviter les trous et les bosses et objets divers...
4- Absence d'alcotest et de " haschicho-test " : il est anormal de voir des ivrognes rouler sur les routes et autoroute en toute impunité. A titre d'exemple, rouler un samedi soir sur la route côtière Casablanca-Rabat, c'est s'exposer à un danger certain, vu le nombre d'ivrognes au volant après avoir fait le plein dans les bars de la côte. Mais il n y a pas au volant que ceux qui se sont arrosés à la Flag spéciale ou au rouge, il y a aussi, et tous les jours, les fumeurs de hachisch et autres drogues qui n'arrivent plus à rouler ni sur la voie de droite ni sur celle de gauche mais avec deux roues sur chacune…
Assez d'hypocrésie, nous sommes un pays mysulman donc pas d'alcotests! c'est ridicule!
Mais il y a un problème sérieux: si tous les agents sont corrompus qui va appliquer l'alcotest? un militant du Pjd ou un islamiste de chekh Yassine?
5- Il y a une multitude d'objets roulant qui empruntent ou traversent les routes et autoroutes marocaines sans oublier ces camions surchargés roulant la nuit à des 20 km/h sans éclairage, ceux-là aussi échappent aux radars mobiles, fixes et aux multiples barrages…
6- et the last but not the least, il y a l'éducation de la population. Pourquoi ne pas instaurer un cours obligatoire da la sécurité routière dans toutes les écoles et ne pas se contenter des compagnes de sensibilisation intermittentes.
L'instauration du permis à points, l'obligation du port de la ceinture, les radars mobiles et fixes, brigades mobiles, radars fixes, amendes exorbitantes…etc, n'ont aucun rôle dissuasif dans un environnement où règne la corruption, l'insuffisance voir l'absence des infrastructures et l'obsolescence du parc automobile.
europemaroc.com